Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Poisson dans l'herbe

ou les reflets argentés d'un poisson sur la rive...

Ces petits riens...

Publié le 11 Janvier 2014

… Qui font la vie.

Ce sont des mots de Balavoine…

Comme souvent, j’ai mis du temps à reprendre ton livre. Et comme toujours, je replonge instantanément. Lu jusqu’au milieu de la nuit, moi qui avais du sommeil en retard. Et ce matin, le réveil est étrangement facile. Aidé par l’envie de te « répondre », même si j’avoue souvent paniquer à l’idée de mes mots et de l’inutile. Dérisoire. Qu’est-ce que je cherche ? Peut-être plus rien. On va plus loin en étant vrai et sincère qu’en ayant un but, je crois. Alors j’apprends…

Je n’avais pas prévu d’écrire aujourd’hui. Ca aussi j’apprends. L’imprévu, et le bien fou que ça fait !

Merci d’abord pour « le Kangourou ». Un rayon de soleil intime et personnel au milieu des fêtes où il faut sourire pour les autres. Presque mon Noël à moi ! Rire seule au cœur de la nuit, mais rire franchement… T’exploses les codes, je ne crois pas que ton théâtre soit très conventionnel, mais c’est jouissif ! J’aime, j’aime et j’en reveux ! Merci !

Et puis merci pour ton Cabaret du 31. Encore un Nouvel An que je n’ai pas eu envie de fêter. Mon plaisir à moi, ce sont les étoiles que tu mets dans la télé. Du vrai spectacle, du beau, du talent et des paillettes qui s’assument. Tu ne poses pas, tu es. On est avec toi à des années-lumière de la médiocrité ambiante, et c’est rassurant ; ça existe encore…

J’ai souri cette nuit. Dans ton bouquin, il y a ta tirade en vers de Depardieu-Cyrano. J’avais adoré sur scène. Je suis heureuse d’en avoir le texte en entier. Comme toi, du fond de l’histoire, je m’en fous, je n’ai pas réellement d’avis. Mais si tu as écrit pour le plaisir, sache que tes mots me font grimper au rideau ! Si tu n’as pas la reconnaissance que tu mérites, c’est que ceux dont tu n’attends plus sont sourds et aveugles, et bien plus préoccupés par leur confort et leur immobilisme que par des talents presque magiques.

J’ai souri encore plus quand à l’aube de l’année, tu souhaites pour 2013 l’indulgence. On se connait ? Je crois que l’indulgence, c’est la chose la plus importante que j’ai apprise et comprise cette année. L’indulgence envers les autres, j’espère un peu, mais je suis trop proche de moi pour pouvoir juger, et surtout l’indulgence envers moi-même. Tu as essayé ? Ca n’a rien à voir avec la lâcheté ou le laxisme. Mais, même si le pardon n’est encore pas gagné, c’est déjà admettre qu’on a fait ce qu’on a pu au moment où on l’a fait, et qu’on ne pouvait pas mieux. C’est accepter les doutes, les colères, les peurs. Prendre le temps qu’il faut pour évoluer. S’aimer. Etre doux.

Apprendre à aimer mon reflet dans la glace…

Ca, c’est du Hantson. J’y reviens… C’est avec lui que j’ai réellement fêté le réveillon, en décalage de quelques jours. Imagine que du fond de ma province, je suis « montée » en banlieue parisienne pour assister au Satan Fest, soirée rock-metal, ou je ne sais trop quelle étiquette mettre. Je me fous des étiquettes. Je me retrouve dans cette musique qui tape, autant aux oreilles que sur le cœur. Imagine le voyage étrange et solitaire jusque dans le 95. Pour participer à une soirée au milieu de blousons noirs. Parce que je n’ai pas le sentiment de venir de ce milieu, je me sentais décalée. Et puis très vite, les a priori tombent. Et étrangement, j’ai reçu ce soir-là plus de sourires et de boutades gentilles que dans les premiers rangs des concerts de Fiori. Ce que je veux dire, c’est qu’il y a plus de jalousie et d’animosité dans des concerts très féminins où tournent essentiellement de la grenadine, que dans ces petites salles où des hommes viennent partager de la musique et des bières. Drôle de découverte. Qui finalement ne m’étonne pas tant que ça. J’étais bien là-bas. Juste tellement bien…

J’étais venue pour la musique. Sans rien attendre. Juste la musique, et respirer le même air qu’Hantson une heure ou deux. Et puis j’ai eu mon plus beau cadeau de Noël… Je ne te raconterai pas, parce qu’il est tellement précieux que même le dire, c’est risquer de le voir s’étioler. Cadeau intangible. Un geste, et quelques mots de Renaud Hantson… Qu’il a oubliés sitôt dits, j’en suis certaine. Mais qui restent gravés en moi. Indélébiles. De l’humain… Je ne peux même pas lui dire merci, il ne comprendrait pas. Ca reste là…

Je ne suis pas obligée de te parler de lui. Et surtout, quel sens ça peut avoir ? Mais, je trouve que vous vous ressemblez. Un même égo un peu débordant, qui veut cacher une soif intense de reconnaissance et d’amour, que rien n’apaise. On a envie de vous prendre dans les bras, et de dire « pose tes valises, tu es arrivé… Regarde tout ce que tu as fait, tous ceux qui t’aiment… ». Mais c’est inutile. Vous courrez toujours. Quand on a eu soif petit, rien n’étanche, rien ne calme…

Psychologie à deux balles ? Excuse-moi alors… Mon ex aussi avait soif… J’ai rêvé de lui cette nuit. Ca ne m’arrive jamais. Rêvé de lui, rejoué notre rupture. Mais avec des mots, des explications… Ce qu’on n’a pas eu…

Dix-huit mois qu’il est parti, et j’ai réalisé dernièrement que je vis encore avec son souvenir et la peur. Parce que quand le téléphone sonne tard le soir, et que j’ignore qui est-ce, je ne décroche pas, de peur de l’entendre à l’autre bout du fil. Comment guérir ?

Il me reste quelques pages de ton livre. Je n’ai pas voulu finir cette nuit. Ca fait toujours vide quand on lit le dernier mot. Je te ferai sans doute encore une petite lettre. Et puis ce blog sera terminé. Boucle bouclée. Parviendra-t-il jusqu’à toi ? Qu’il fasse sa vie, simplement…

Commenter cet article