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Poisson dans l'herbe

ou les reflets argentés d'un poisson sur la rive...

Poisson dans la cage

Publié le 11 Août 2013

Tu connais cette chanson ? Signée Balavoine. 1983. Année de ma naissance.

Balavoine, lui aussi… S’est explosé dans le ciel de mes treize ans, dix ans après s’être explosé dans le ciel africain. Et les débris tombent encore…

Premier miroir. En une seconde, la conviction absolue qu’il était ce que je porte, et qu’il n’est plus. Tous ses mots, toutes ses colères, ses doutes, mais aussi tout ce de quoi il était revenu, c’était en moi, et je ne le savais encore pas. J’étais incapable d’exprimer ce que j’ignorais, et lui étalait tout ça devant moi…

La certitude, à 13 ans, que plus rien ne sera jamais pareil. Comment vit-on, après ça ? Est-ce qu’on le pleure pour le restant de ses jours, ou est-ce qu’on choisit de vivre heureuse, parce que je ne pense pas qu’il aurait aimé autre chose ?

Deuxième option, évidemment. En dépit de tout. Heureuse. Par politesse, par promesse, par défi.

Un rêve, une nuit. Et Balavoine est devenu Daniel. J’ai osé. Il est devenu mon grand frère. Protecteur, rassurant, doux et fragile. Il fallait en faire quelque chose, et j’en ai fait des romans. De là ma passion de l’écriture, mon amour des mots. Ca m’a sauvé la vie…

Des années plus tard, des heures passées sur sa tombe, des mois à être allée vivre près de lui…

Ce n’est pas un délire. Son étoile brille là-haut.

C’est à travers lui que j’ai rencontré ma meilleure amie. Et Daniel est devenu Bibo. De là, Fiori. De là…

Les boucles n’en finissent plus. Les hasards n’en sont pas. Tu n’es pas un étranger dans ce monde.

Dis, tu l’as rencontré Balavoine ?

Les médias me fatiguent, à faire de lui une icône coup de gueule, à nous passer toujours le même film face à Mitterrand… Comme si Balavoine, ce n’était que ça. Pour les nostalgique d’un temps où des gens osaient ouvrir leur gueule… Bandes d’hypocrites !

Quand il s’est foutu en l’air (façon de parler, mais pas seulement…) il en avait fini avec tout ça. Il avait décidé de la fermer, d’agir, et de se tirer en Angleterre tout recommencer à zéro. Quelqu’un s’en souvient ?

Maintenant, je peux reprendre ton livre…

« Et qui manquera à l’appel l’été 2013 quand tu me liras ? Chez moi… Chez toi… »

Sur cette phrase aussi, j’ai hurlé. Tu touches au cœur. Point barre. Et faut le faire…

J’ai pas l’âge de la nostalgie, pas l’âge de compter les « envolés ». Mais ils sont nombreux, ceux qui me manquent, et à qui je n’ai pas dit…

J’ai perdu l’inconscience en gagnant Balavoine. La vie a une fin. Parfois brutale. Je vis avec. La peur. L’urgence. Et puis l’apaisement. C’est aussi parce qu’elle a une fin qu’elle est belle…

Condoléances. Mot que j’ai bien du mal à prononcer. Pardon de mieux savoir pleurer sur tes blessures que d’offrir quelques consolations.

Je pars, je reviens. Digressions fantaisistes. Ce sont tes mots, attrapés au hasard… J’ai promis, ni retouche, ni rature…

Un petit merci encore, mais précieux… Merci pour tes émissions du 31 décembre. Belles, chaleureuses, douces… Un rayon de miel au cœur d’une nuit un peu particulière…

J’en ai subi quelques-unes de ces nuits-là, où on voudrait être partout ailleurs que seule devant sa télé. Tu m’as toujours fait sourire, malgré tout.

Et pour le dernier réveillon, j’ai choisi, en conscience. Seule, avec la télé et mes chats. Pas tout à fait seule. Merci.

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