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Poisson dans l'herbe

ou les reflets argentés d'un poisson sur la rive...

Tatoue le rire même sur ta peau...

Publié le 19 Août 2013

Jouissif… C’est exactement ce que je ressens en te lisant. Et pardon pour le double sens. J’appelle un chat un chat.

Pour la forme. Il m’arrive de relire quatre fois la même page. Pour la musique des mots, les jeux, la poésie instinctive… Je veux écrire comme toi. Surtout… C’est magique de te lire, de sentir que c’est ce que je cherchais, sans trop le savoir, sans vraiment y croire. En fait non, je pourrais m’abstenir d’écrire, et te faire grâce de ce blog. Tellement… Tellement c’est indescriptible…

Pour le fond… Le noir et le rose de la vie. La gravité, la légèreté, le rire et les larmes… Tout mêlé, tout offert, tout donné… Et la force que ça donne…

« Alors peut-être, tu m’aimes, mais tu détestes ce que je viens d’écrire. Et alors ? »

Non, je ne déteste pas. J’aime, j’aime, j’aime… Je me fous de la politique en tant que telle, mais j’ai conscience que ce sont quand même eux qui sont aux commandes. J’ai le cœur qui penche comme Balavoine « droite ou gauche, ils sont tous corrompus, mais l’idée de gauche me semble plus défendable… ». La victoire de Hollande m’a fait plaisir pour la seule raison que personne ne l’a vu venir, comme tu dis. Côté revanchard viscéral, pas réfléchi. Et la démobilisation de Sarkozy… Bien vu je trouve… Mais dans un dîner, je ne dirai pas tout ça. Ailleurs non plus. Nulle part. On m’a appris à ne pas parler politique, pour ne pas entrer en conflit. Alors en plus, parler politique avec le cœur, mettre plus d’humanisme que de calculs… J’entends d’ici les sarcasmes ! Tu comprends un peu pourquoi ton livre est jouissif ? Tu oses tout ce que je n’ose pas.

« L’amour réciproque n’impose pas de se ressembler en tout. Première leçon de ce livre : accepter l’autre, ses différences, ses préférences, sans que cela entame la relation. »

Une heure avant de te lire, je démêlais encore les relations compliquées avec ma famille. Compliquées, parce que je suis compliquée, sans doute. Je venais enfin de comprendre que je n’étais pas ma famille. Que je pouvais les aimer, et être aimée, sans forcément être pareille, et sans que ce soit une trahison. Donc, je te lis, et je me demande si tu le fais exprès… C’est un hasard, tu me diras… Et tu sais ce qu’on dit du hasard ?

« Et si ça ne te plait pas, tu peux partir. »

Je reste, je reste ! Avec l’envie de tatouer tes mots sur ma peau. Aussi fort que ça…

Plus loin, après l’histoire de la serveuse à qui tu as payé un verre (et dans ton récit, il y a une telle chaleur… tu sais, tu peux me servir tous les scénarios que tu veux, je te croirai, mais cette chaleur là, humaine, j’en ai tellement soif que j’ai du mal à y croire…), tu évoques la compassion. Et j’ai fermé ton livre. Il était tard.

La compassion. Celle qu’on a pour les autres. Celle qu’il ne faut pas confondre avec l’empathie. Celle qu’on a pour soi… Je me bataille tous les jours, depuis des semaines et des mois, pour casser tous mes repères, mes reflexes, et tout reconstruire. La compassion est une pierre angulaire. Redis-moi que tu ne le fais pas exprès…

J’essaie de lire des tas de bouquins. Pour reconstruire. Ca aide. Ca guide, donne des directions, fixe un cap. C’est fait pour.

Et puis il y a ton livre, pour ceux à qui ca parlera… Et parce que c’est la vraie vie, et la force de l’exemple…

Tatouer tes mots sur ma peau… J’ai reçu des nouvelles aujourd’hui dont je me serais volontiers passée. De ces mots, quelques lignes, par des intermédiaires, qui te foutent en l’air le moral… Un an que j’ai quitté mon ex. Un an que j’essaie de recoller les morceaux de moi-même. Pas uniquement à cause de lui, j’étais bancale avant. Des hauts, des bas… Et quand il réapparait dans mon paysage, ça vire à la torture mentale. En silence. Nous n’avons plus de contact. Tout passe par des chemins détournés. Relation pourrie, conflit larvé. J’ai tout voulu, sauf ça. Ca ne me ressemble pas. Je suis obligée d’être dure, odieuse, sans cœur. Un mur. Apprendre qu’il va mal, et fermer ma gueule. La faire fermer à tous ceux qui le cotoient. Parce que si je tends la main, même un doigt, si j’avoue que je m’inquiète, il en fera dix fois plus. Je sais le temps que j’ai mis à me relever. Je ne veux plus vivre ça…

Absurdité délirante… Il faudrait être détachée… Je ne le suis pas. Il sait encore quelles ficelles tirer… Je ne veux l’accuser de rien. Peut-être simplement moi qui suis encore trop engluée…

Je le souhaite heureux. Tous les jours. Sincèrement. Et je veux qu’il m’oublie.

Alors, là aussi, ton livre m’aide. Tes survies, les dents serrées, et les rires qui reviennent… T’es toujours debout. Je le resterai.

A ton papa qui t’a appris « à marcher droit, à penser droit et à serrer les dents. A pardonner. A aimer. »

C’est ta vie. Moi, j’y trouve de quoi m’accrocher… Et je comprends un peu plus à chaque ligne à quel point l’automne dernier, ton précédent livre m’a gardé en vie…

Ce qui efface les larmes… Je viendrai te voir. Tu ne passes pas vraiment par chez moi, mais j’irai te chercher plus loin. Peu importe. Je ne sais pas encore comment. J’irai. C’est tout.

J’irai en voir d’autres aussi. Une « petite famille » d’artistes aux vibrations parallèles… A ceux qui me disent « tu ne les connais pas, et ils n’en ont rien à foutre de toi ! » je répondrai bien qu’il n’est pas nécessaire de connaitre les gens pour sentir que ce qui passe dans un livre ou une chanson trouve un écho en soi-même… Quant au « rien à foutre »… Je fais partie du public, et dans cette « famille » ils respectent et aiment leur public. Toute autre velléité est prétentieuse, et je ne revendique rien.

Petite parenthèse. Arrête la clope, s’il te plait. Ca ne me regarde pas. Et j’ai idée à quel point c’est compliqué. Egoïstement, j’ai besoin de toi longtemps… On s’en fout. T’as une pitchounette qui tient à son papa, et tu le sais.

Tatoue l’envie même sur ta peau… Extrait d’une chanson de Mimie Mathy… Rendons à César… Elle aussi c’est la « famille »…

Je sais ce que tu penses de l’Eglise. Il y a quelque chose que je partage. Mais je crois en Dieu. Et j’ai tellement besoin d’apaisement, de chaleur, d’amour…

Dans ton livre, il y a la même lumière. Je voulais te le dire. L’humanisme, les torrents d’amour…

Merci.

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